GERD ARNTZ

Artiste révolutionnaire

 

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Cet article est repris du fanzine allemand « enemy's voice »; GERD ARNTZ est un illustrateur allemand antifasciste. GERD ARNTZ est né à Wuppertal (Allemagne de l'ouest) en 1900; plus tard, il a fortement milité contre les usages de drogues dans la classe ouvrière (pour lui c'était la « politique de l'autruche », il vaut mieux affronter la réalité, plutôt que de la fuir) et consacré entièrement son art à décrire de manière « documentaire », la vraie vie des prolos, en 1920, il se battit contre le putsh d'extrême droite Kapp, qui était une tentative de l'armée allemande d'établir un système fasciste et organisa un groupe d'artistes communistes à Cologne, puis plus tard, il sortit un journal dans lequel il mettait en garde par rapport à la venue du 3° reich, contraint par les nazis à émigrer en Hollande, il a vécu à Den Haag (La Haye) depuis 1934.

 

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-Vous étiez à Moscou en 1933 pendant que le Reichstag brûlait, comment avez-vous réagi aux nouvelles en provenance de l'Allemagne nazie ?


G.A : Vous pouviez voir où Hitler voulait en venir; je suis arrivé à Moscou en janvier 1933 et y suis resté jusqu'en septembre, j'arrivais de Vienne (Autriche) où j'etais domicilié à l'époque, nous pouvions certainement rentrer à Vienne mais même là, il y avait du danger aussi, L'institut où je travaillais comme illustrateur, avait ouvert une antenne aux Pays-Bas en 1932, nous pensions que si nous étions forcés de quitter Vienne à cause des nazis, nous pourrions toujours trouver refuge aux Pays-Bas, Après la révolte de l'aile gauche Schutzbundler, nous l'avons fait, parce que l'institut a été fermé, même les sociétés animales socialistes, comme beaucoup de choses étaient fermées; nous sommes donc partis à La Haye, puis ensuite à Moscou jusqu'à fin 1934, mais nous sommes revenus retravailler à La Haye plus tard,


-Autant que je sache, vous n'aviez pas vraiment le temps de faire des dessins critiques et politiques à Vienne, mais à La haye vous avez pu, non ?


G.A : Bien, après mon arrivée à Vienne en 1929, je ne pouvais rien faire; de 1931-32, j'ai recommencé à faire des illustrations politiques, lesquelles étaient exposées dans une librairie ouvrière communiste de Vienne; mais tout a été confisqué lors d'une descente de police politique; en 1933, je n'ai pas pu travailler vu que je suis resté 9 mois en Russie; peu après, quelques rares coupures à propos de le révolte à Vienne et sur l'Union Soviètique, « Russie 34 », sortirent, Puis je suis venu à La Haye où j'ai pu travailler sur le militantisme et la politique,

        La situation internationale était telle que les gens cherchaient à faire quelque chose contre le fascisme; des problèmes comme le chômage et la crise fasciste étaient liés, alors j'ai imaginé une série avec la devise : " Qu'est-ce que nous pouvons faire contre ça ? Par exemple des occupations d'usines, entrepôts,etc..."

       Plus tard, je suis rentré en contact avec un groupe d'ouvriers à Amsterdam qui imprimaient des petites brochures contre Hitler et sa dictature.


-Dans ce contexte, votre Lino-littérature était-elle distribuée ?


G.A : Les gens étaient tous de ouvriers licenciés d'une usine de cigares et ils avaient acquis une petite presse. Je travaillais pour eux comme lino-typiste nous faisions les brochures et nous les disribuons. Mon travail d'illustration pendant la guerre civile espagnole de mai 1936 et les occupations d'usines en France prener une autre dimension car pour la première fois j'étais en contact direct avec des gens qui pouvaient utiliser mon travail, ce fût une expérience fantastique.


-Ce contact a été maintenu jusqu'à 1940 ?


G.A : En 1940 je n'ai plus eu de contact avec eu , ils étaient sont tous mort sauf un, tous étaient des ouvriers juifs du tabac et seulement un à survécu, les autres sont mort dans les camps de concentrations nazis.


-En exil vous avez participé à deux expositions antifascistes à Londre « L'exposition de l'art contre le fascisme et la guerre eut lieu en 1935. Qui à organisé cela et comment cela c'est passé ?


G.A : Je me rappelle plus exactement. Probablement par la volonté d'un photographe ami de Vienne, qui avait imigré à Londre, mon illustrations de la révolte de Vienne à été montrée à cette exposition.J'avais rencontré les artistes qui avaient organisés le spectacle anti-olympique de Berlin en 1936 et ils m'ont demandés si je voulais bien contribuer à faire quelque chose,


-Pour l'exposition hollandaise « l'olympiade sous la dictature » (de olympiade onder dictatuur) ?


G.A : Oui ça avait été un titre bien programmé, l'abréviation de ce dernier donnait « D.O.O.D. », qui signifie « mort » en néerlandais. Nous n'avons pas exposé dans une salle officielle mais dans un restaurant loué.


-Quelles étaient les réactions des hollandais qui voyaient vos illustrations sur le 3° reich ? Et, est ce-que la critique sur l'Allemagne nazi avait des opposant ?


G.A : Les gens qui visitaient l'exposition étaient le plus souvent de sensibilité de gauche et donc soutenait la démarche. Pour ma part je ne suis allé qu'une fois à cette exposition, en fait les réactionnaires du N.S.B. (le parti national-socialiste des Pays-Bas) étaient contre.


-Cela ne devait pas être facile pour un allemand d'emigré en Hollande.


G.A : C'est vrai, heureusement j'ai pu facilement y arriver en traversant des pays comme la Suisse, la France et la Belgique, si j'avais voulu passer par la frontière allemande cela aurait été beaucoup plus dur.


-Il y avait beaucoup de camps d'internements pour les émigrant allemands ?


G.A : Certains ont mêmes été renvoyés en Allemagne, mais nos amis socialiste nous aidaient j'ai même pu travailler sans permis grace à eux, mais dans le même temps beaucoup d'émigrants avaients des problèmes parce que ils étaient dans l'illégalité.Ce n'était pas possible officiellement d'avoir un travail exepté quelques boulot comme dans le charbon etc...

        La capitale des Pays-Bas (La Haye) où je vivais n'avait pas la même approche que d'autres ville. A Amsterdam il y avait un grand nombre d'émigrants et beaucoup d'émigrant du milieu du cinéma étaient à Scheveningen où leurs situation financière leur facilité la vie.

        A partir de 1940 les émigrants entre eux se contacter très peu car trop dangereux, un ami qui avait outre-passer cette précaution fût arrété et survécu à sept ans en camp de concentration. Pour ma part j'acquis la conviction profonde que le nazisme ne pourrait être vaincu de l'intérieur.


-Lannée 1940 n'était-elle aps une année très dangeureuse pour vous ? Avez vous dû rentré dans la clandestinité


G.A : L'institut international pour lequel je travaillais a été changé en institut hollandais ce qui à amelioré ma situation, j'ai aussi travaillé dans un bureau de statistiques hollandais, j'ai été assez tranquille même si mon fils était allé dans une école allemande et que j'avais fait mon service militaire en uniforme hollandais.


-Don vous étiez reconnu ?

G.A : J'étais inscrit comme allemand sur les registres de distribution de cartes alimentaires, notre situation était très précaire et nous vivions dans la peur d'être arreté.


-Vous avez été forcé d'aller à la guerre ?


G.A : Oui c'était vraiment une salle période pour moi, les années 1940-45 ont été horribles.Finallement je me suis échappé et offert mon aide à la résistance.


-Après la captivité vous êtes revenu en Hollande, avez vous retrouvé du soutien ?


G.A : J'ai retrouvé du travail, j'ai montré mes références des gens pour lesquels j'avais travaillé, ils ont intéréssés que je continue mon travail et je suis resté jusqu'à mon soixante cinquième anniversaire comme illustrateur a l'institut de La Haye.


-Vous êtes très respecter aux Pays-Bas ?


G.A : Oui, même si les allemands n'étaient pas aimaient dans ce pays, cela ne ma pas posé de problemes, mon travail était très apprécié et reconnu.